lundi 23 novembre 2009

Résolution du Conseil de Paix et de Sécurité de l’Union Africaine

Résolution du Conseil de Paix et de Sécurité de l’Union Africaine
mercredi 11 novembre 2009
Le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine (UA), en sa 208ème réunion, tenue à Addis
Abéba, le 9 novembre 2009, a suivi des communications du Commissaire à la paix et à la sécurité et
de l’Envoyé spécial du Président de la Commission pour Madagascar, M. Ablassé Ouedraogo, sur
les derniers développements intervenus dans les efforts visant à restaurer l’ordre constitutionnel à
Madagascar.
Le Conseil,
1.Rappelle ses décisions antérieures sur la situation en République de Madagascar ;
2.Prend note des communications sur les résultats de la troisième réunion du Groupe international
de contact (GIC) sur Madagascar tenue le 6 octobre 2009, à Antananarivo et de la troisième réunion
des Chefs de file des Mouvances politiques de Madagascar tenue du 3 au 7 novembre 2009, à Addis
Abéba, et exprime sa haute appréciation au Président de la Commission pour en avoir pris
l’initiative ;
3.Se félicite de la signature, le 6 novembre 2009 au Siège de l’Union Africaine, par les Chefs de file
des Mouvances politiques de Madagascar, de l’Acte additionnel d’Addis Abéba à la Charte de la
Transition qui fait ainsi partie intégrante de la Charte de la Transition signée à Maputo le 9 août
2009 ;
4.Demande aux acteurs politiques de Madagascar de mettre en oeuvre scrupuleusement et de bonne
foi la Charte de la Transition et son Acte additionnel d’Addis Abéba susmentionné et tous les
Accords conclus à Maputo. A cet égard, le Conseil exhorte les Mouvances politiques de Madagascar
à intensifier leur concertation en vue de finaliser sans délai la répartition consensuelle des postes de
responsabilité au sein du Gouvernement d’union nationale de Transition, pour permettre à ce
dernier d’entrer en fonction ;
5. Félicite l’Equipe conjointe de médiation formée par les Envoyés spéciaux de la Communauté de
développement de l’Afrique australe (SADC), l’ancien Président de la République du Mozambique,
M. Joaquim Chissano, de l’UA, M. Ablassé Ouédraogo, de l’Organisation internationale de la
Francophonie, M. Edem Kodjo, et des Nations unies, M. Tiébilé Dramé, pour tous les efforts
déployés dans la recherche d’une solution pacifique, consensuelle et inclusive à la crise malgache ;
6.Demande au Président de la Commission de mettre en place rapidement, avec la SADC, l’OIF et
les Nations Unies, le Mécanisme de suivi pour la mise en oeuvre de la Charte de la Transition, de
l’Acte Additionnel d’Addis Abéba et des Accords de Maputo, tel que prévu à l’Article 12 de l’Acte
additionnel ;
7.Demande, en outre, au Président de la Commission de prendre les dispositions nécessaires pour
dépêcher, dans les meilleurs délais et en collaboration avec les autres partenaires au développement
de Madagascar, y compris le PNUD, l’OIF et l’Union Européenne, la mission d’évaluation des
besoins électoraux de Madagascar, telle que prévue au paragraphe 13 du Communiqué du Groupe
international de contact (GIC) sur Madagascar du 6 octobre 2009 ;
8.Invite le Président de la Commission à procéder à l’évaluation régulière de la mise en oeuvre de la
Charte de la Transition, de l’Acte Additionnel d’Addis Abéba et des autres Accords de Maputo et de
lui soumettre un rapport sur le déroulement de la transition à Madagascar dont l’objectif est
l’organisation, dans les douze mois, d’élections législatives et présidentielles crédibles,
transparentes et inclusives en vue du retour à l’ordre constitutionnel ;
9. Exprime sa gratitude aux organisations internationales membres du Groupe International de
Contact sur Madagascar pour leurs efforts dans le suivi de la situation à Madagascar et les engagent
à poursuivre leur action sous l’égide de l’Union africaine pour parachever le processus visant à
restaurer l’ordre constitutionnel à Madagascar ;
10. Décide de rester saisi de la question

mercredi 4 novembre 2009

COMMUNIQUE MOUVANCE RAVALOMANANA

COMMUNIQUE MOUVANCE RAVALOMANANA

ADDIS ABEBA 04 novembre 2009





Constant dans sa position maintes fois exprimée et désormais bien comprise par les négociateurs, médiateurs et observateurs du processus de Maputo, mais animé d'une ferme volonté de débloquer les négociations pour aboutir à une Transition conventionnelle porteuse d'espérance pour la Nation malgache tout entière, le Président Marc RAVALOMANANA a fait, dans le cours des pourparlers du 4 novembre 2009, une proposition majeure et positive de nature à asseoir la Transition conventionnelle

mardi 3 novembre 2009

à huis clos des quatre chefs de file, 3 novembre 2009

à huis clos des quatre chefs de file, 3 novembre 2009


La première journée de la réunion sur la résolution de la crise à
Madagascar s’est déroulée au siège de l’Union Africaine à Addis Abeba
le 3 novembre 2009 à partir de 15H30.

Après l’ouverture solennelle, une séance à huis clos s’est déroulée à
partir de 23h, séance entre les 4 chefs de file et les médiateurs
conduits par le Président CHISSANO.

La réunion s’est terminée à 1h du matin. Nous vous rapportons ci-après
la proposition du Président Ravalomanana lors de sa première prise de
parole durant cette séance.

Il est à noter que lors de cette réunion, le Président Marc
RAVALOMANANA dans le but d’apporter une solution à la sortie de crise
a proposé deux noms comme Président de la transition., Le premier
celui de Monsieur Manandafy RAKOTONIRINA de la mouvance Marc
RAVALOMANANA et le second une personnalité neutre, en la personne du
Professeur Raymond RANJEVA.

Ce dernier est reconnu pour ses capacités et ses expériences en
matière de droit et de relations internationales. Une telle
proposition contribuera au processus de mise en place du retour à
l’ordre constitutionnel.

La réunion se poursuivra dans la matinée du mercredi 4 novembre par
une visite des médiateurs auprès de chaque chef de file pour
consultation.

Prise de parole de S.E. le président Ravalomanana lors de la séance à huis clos des quatre chefs

Prise de parole de S.E. le président Ravalomanana lors de la séance à huis clos des quatre chefs

Monsieur le Président,

Merci de me donner la parole. Nous sommes ici pour la continuation logique de Maputo II, où il n’y a eu ni consensus, ni signature.

Le communiqué final du 28 août a bien souligné l’impossibilité de trouver un consensus concernant les trois postes clé de la transition : le Président, le Vice-président et le Premier Ministre.

La décision prise lors de la réunion du GIC au Carlton n’est pas conforme aux procédures. Ce n’est pas le rôle des Chefs de délégation de prendre des décisions au nom des Chefs de file.

Donc, nous sommes ici à Addis Abeba pour continuer les négociations et trouver un consensus.

Je le répète encore, par principe, Je ne veux pas légitimer l’auteur d’un coup d’état.

Par ailleurs, l’Article 1 de la Charte de Maputo stipule clairement une transition « neutre, consensuelle et inclusive ». Il faut respecter les accords signés.

La Mouvance Ravalomanana est décidée et est en droit de réclamer le poste de Président de la Transition. Ceci, essentiellement en raison de la légitimité démocratique dont elle dispose à la suite des élections de 2006.

Donc, je propose officiellement M. Manandafy Rakotonirina comme Président de la Transition.

En ce qui concerne les désignations de M. Mangalaza, en tant que Premier Ministre, et de M. Rakotovahiny, en tant que Vice-Président, je réitère qu’il y a eu vice de procédure. Cependant, Je suis prêt à négocier en bilatéral avec les Mouvances Zafy Albert et Ratsiraka pour avaliser ou non leurs désignations.

Je vous remercie.
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mercredi 14 octobre 2009

REMETTRE LES PENDULES A L'HEURE AVEC UN MAPUTO 3

La précipitation est l'ennemi du bien et quand une erreur est commise le sens de l'honneur commande qu'elle soit réparée par son auteur. Ces deux formules résument le dramatique épisode de la Réunion ràtée du GIC à Antananarivo les 6 et 7 octobre 2009, dont tout un chacun doit se convaincre malgré le matraquage médiatique étonnamment orchestré, notamment depuis Paris, pour faire croire qu'il y a eu accord "heureux" pour la désignation du Président et du Premier Ministre de la Transition conventionnelle issue de la Charte de Maputo.


UN DIKTAT AUSSI INACCEPTABLE QU'HONTEUX


La réalité et la vérité arrivent à point nommé: c'était un secret de polichinelle, mais on sait désormais de sources sùres, puisqu'elles émanent de diplomates de hauts rangs ayant participé auxdites réunions du GIC au "Carlton" à Antananarivo, le scenario du schéma consistant à imposer à la tète de la transition M. Rajoelina s'est élaboré à Paris en Septembre, profitant de l'absence de la mouvance Ravalomanana, ce à la suite de la déculottée onusienne de M. Rajoelina. Une mise en scène de mascarade est ensuite imposée avec une passivité complice des autres acteurs internationaux: ce "fameux" schéma est porté comme un bébé par un téméraire Président de la Commission Africaine à Antananarivo, qui veut en finir au plus vite avec une crise malgache qui n'a que trop durée à ses yeux et à ceux de Paris. On oublie très vite tous les principes procéduraux et les valeurs de référence actés dans les accords et la Charte de Maputo, ainsi que l'engagement auquel s'obligent tous les Etats africains parties aux instruments juridiques et politiques adoptés au sein de l'Union Africaine et à la Déclaration d'Alger d'interdire tout accès à la magistrature suprème d'auteurs de coups d'Etat, pour estimer qu'on tient là, avec cet édifice scélérat, la bonne solution avec la consécration de M.Rajoelina. Et pour parachever la mascarade, on va jusqu'à faire croire que ce qui n'est qu'un projet de communiqué final annonçant cette intronisation doit ètre considéré comme la traduction d'un accord acquis entre tous à défaut d'ètre scellé.

Ce diktat abject de la communauté internationale, représentée par les membres du Groupe International de Contact pour Madagascar, qui ne craignent pas les dérives indignes de leur statut, ne doit en aucune façon prospérer et la vive émotion du peuple malgache, qui ne l'accepte d'aucune manière, doit absolument ètre relayée par l'opinion publique internationale. A cet égard, des députés du Parlement Européen, lequel avait déjà auparavant pris une position ferme condamnant le coup d'Etat du 17 mars 2009 et réclamant le retour à l'ordre constitutionnel, prenant bonne note de la ferme opposition de la Mouvance Ravalomanana au schéma exposé le 7 octobre 2009, s'apprètent à faire adopter une seconde Résolution, notamment pour rappeler au Groupe International de Contact d'observer uniquement et strictement un ròle de médiateur et non un ròle de décideur.

Nul n'a besoin de se forcer pour admettre que la posture adoptée par le Président Ravalomanana et par sa mouvance est non seulement juste, mais elle doit elle aussi ètre efficacement relayée dans les médias et dans l'opinion publique internationale. En ce qui les concernent, le Groupe International de Contact, et en son sein les pays et organisations internationales qui sont malencontreusement demeurés singulièrement passifs à Antananarivo les 6 et 7 octobre derniers, peuvent encore se racheter. Car, peuvent-ils raisonnablement et sans honte trainer comme un insoutenable boulet d'avoir à continuer de soutenir un gouvernement fantoche au sens plein du terme ? Ce n'est pas concevable. Pour celà, ils doivent clairement ouvrir la voie à une remise à plat des thèmes de négociation qui ont étè si mal repris à Antananarivo. Ils s'en honoreront à remettre ainsi les pendules à l'heure pour un Maputo 3, peu importe le lieu, certainement pas à Maputo car le Mozambique entàme une période de campagne présidentielle difficile, mais préférablement dans un autre pays d' Afrique, c'est normal, la cause étant africaine, et aussi pour contenir les coùts de déplacement des délégations.


LA VOIE A UNE REMISE A PLAT NECESSAIRE


A Maputo 3 aucune erreur de casting, aucune dérive procédurale ou de fond ne seront plus acceptables.

Les données incontourables sont les suivantes:

. s'engageant juridiquement et politiquement dans un mouvement unanime et sans retour à empècher la légitimation d'auteurs de coups d'Etat, les Etats membres de l'Union Africaine, dont Madagascar fait partie, se sont doté d'instruments internationaux contraignants assortis de sanctions ciblées, suivis de Déclarations solennelles telle que celle d'Alger, lesquels sont appelés à ètre mis en oeuvre dès la constatation des faits factieux;

. la Charte de Maputo a, d'une part, fait expressément référence à ces instruments internationaux; d'autre part, a donné naissance à une jurisprudence bien établie aux termes de laquelle l'adoption d'une décision à caractère consensuel et inclusif requiert l'adhésion unanime des chefs de file des quatre mouvances politiques; et, enfin, a souligné la nécessité d'ériger en valeur de gouvernance le caractère neutre de la Transition conventionnelle, ce qui implique obligatoirement l'exclusion, a fortiori à la tète de l'Exécutif, d'un auteur d'un coup d'Etat. occurrence malheureusement et avec une légèreté coupable initialement envisagée par le G.I.C;

. la mouvance Ravalomanana hérite tout naturellement de la légalité et de la légitimité dont son chef de file est porteur par le fait d'avoir été re-élu démocratiquement en décembre 2006 pour un mandta de cinq ans, actuellement toujours en cours, ce qui la met en droit et la met met en position d'affirmer légitimement son devoir d'exiger la prise en compte de cette donnée fondamentale dans la mise en place des institutions prévues dans la Charte de Maputo, tout spécialement l'Exécutif;

. la stabilité en Afrique dépend aussi de la justesse du mode de résolution de la crise malgache, et cet aspect géopolitique ne doit échapper à personne, surtout pas aux membres du G.I.C, car il convient absolument d'éviter de donner un signal négatif que constituerait l'adoption du schéma actuellement proposé qui consiste à mettre à la tète de la Transition conventionnelle l'auteur du coup d'Etat du 17 mars 2009 et permettre à celui-ci, comme il ne s'en prive pas actuellement, de continuer à bafouer les droits fondamentaux;

. au final, la nécessité de parvenir à une solution satisfaisante vise non pas les mouvances elles-mèmes mais la Nation tout entière dont l'avenir risquait singulièrement d'ètre hypothéqué à cause d'une erreur d'appréciation du G.I.C.

Ignorer ces données ouvre la voie à toutes les dérives possibles qui sont déjà en oeuvre à Madagascar. Il faut d'extrème urgence éteindre cet incendie mortel. Une guerre civile est à craindre, les prémices sont déjà visibles. Le G.I.C est désormais dans l'ardente obligation de revenir à des pratiques plus conformes et à sa mission et aux principes desquels il n'aurait jamais dù se départir.

MEDIATION N'EST PAS CONTRAINTE

"Que le prince songe uniquement à conserver sa vie et son état, s'il y réussit, tous les moyens qu'il aura pris seront jugés honorables et loués par tout le monde". Cette maxime empruntée à Machiavel prend tout son relief à propos des singuliers comportement et positionnement d'une France omniprésente dans la résolution de la crise malgache actuelle. Hier, elle se cachait derrière la Commission de l'Océan Indien pour faire passer messages et propositions trop intéressés, aujourd'hui toujours pour ses propres intérèts stratégiques elle met bas son masque tout en utilisant les canaux européen, africain, francophone et onusien afin de passer de la diplomatie à la contrainte pure et simple.


TENTATIONS COUPABLES ET RETOUR DE MANIVELLE


Car, à n'en pas douter, la diplomatie française a mis en branle son rouleau compresseur pour imposer à la communauté internationale et à Madagascar, pays considéré abusivement comme entrant dans sa "zone d'influence", "sa" solution à la plus grave crise institutionnelle et politique que ce pays presque parvenu à la condition de "pays émergent" ait connu depuis plus de vingt ans. Mais ici comme en toutes choses, cette France-là, qui s'est récemment affranchie de ses propres traditions et valeurs dans lesquelles on la croyait ancrée sur le plan international et vis à vis de ses anciennes colonies, ferait bien de méditer cette autre formule d'André Siegfried: "Les plus malins finissent par se prendre à leurs propres pièges".

On le voit bien, le retour de manivelle ne s'est pas fait attendre, et il pourrait y avoir plus grave encore dans les tout prochains jours puisque c'est la sensibilité populaire, voire la fierté nationale, qui sont atteintes, sans parler de la violation des principes élémentaires de diplomatie. Quant à la communauté internationale, dont les composantes ne sont pas à mettre au mème niveau de compromission française, elle ferait bien de se ressaisir autour des principes universels inclus dans la Charte des Nations Unies et autour de ceux prònés dans tous les instruments juridiques et politiques adoptés par les membres de l'Union Africaine et de ses organisations régionales.

"Tant que subsiste une erreur, un compte n'est pas définitif". C'est clair, la communauté internationale a commis une erreur fondamentale à la Réunion des 6 et 7 octobre 2009 à Antananarivo: ce qui ne devait ètre qu'une réunion d'évaluation, a fini par enfanter d'un mauvais projet de compromis au surplus présenté comme le schéma d'un prétendu accord par ailleurs prématurément annoncé. Celà fait beaucoup de fautes. On comprend et on mesure aisément, dans ces conditions, l'ampleur des dégàts et dommages provoqués par tant de précipitation et de légèreté. D'abord au plan des principes, toujours eux, ensuite et surtout s'agissant des préjudices causés à la nation malgache.

La négociation internationale s'oppose à l'appréciation unilatérale des situations, au fait accompli, à l'acte de force et à l'agression, toutes pratiques menées avec tant de constance par les tenants de la "Haute Autorité de Transition" et qui sont tolérées avant d'ètre blanchies par une communauté internationale tout d'un coup frappée d'hémianopsie. Et il est non moins clair que tout négociateur ou médiateur se doivent de rechercher des convergences d'intérèt pour aller vers des compromis et à la conciliation, avec la capacité de les ajuster et de les stabiliser au moyen d'un processus d'accord des volontés. Ce qui, récemment à Antananarivo, en ces funestes journées et soirées des 6 et 7 octobre 2009, n'a pas été le cas, loin de là, puisque du còté de M. Rajoelina et de certains membres du Groupe International de Contact on a voulu au contraire utiliser le forceps pour forcer une naissance non désirée ni désirable, celle d'un enfant mal conçu.

Or, les diplomates chevronnés que sont les initiateurs de la Réunion d'Antananarivo n'auraient-ils pas du faire naìtre et maintenir à tous les stades de la négociation la confiance, c'est à dire en particulier l'adoption par chacun d'eux, spécialement par chaque négociateur ou médiateur, des attitudes de nature à rassurer et à faire naìtre la conviction chez l'autre, de ses propres bonnes dispositions ?


POUR UNE VERITABLE MEDIATION


La réaction immédiate de la mouvance Ravalomanana ne s'est pas faite attendre. Elle est logique, saine et, contrairement aux cris d'orfraie de certains membres de cette mème communauté internationale, leur ouvre la voie pour leur propre rachat (voir l'article de Marivolanitra: "Remettre les pendules à l'heure avec un Maputo 3" dans "Madagascar Tribune" du 12 octobre 2009). Mais, au-delà de cette mouvance c'est le peuple malgache lui-mème qui, mettant en cause la bonne foi de ces "médiateurs", s'indigne à juste titre du peu de cas qu'on leur réserve. A cet égard, quel crédit désormais accorder à un médiateur qui en cours de négociation et alors mème qu'aucun accord n'a été scellé, se répand de média en média pour claironner haut et fort que telle mouvance ferait mieux de se rallier au schéma imposé sous peine d'ètre mis hors course ? Ici, le défaut de loyauté confine à la faute grave et l'irrespect ne l'est pas moins. L'éthique, plus que jamais, est nécessaire, elle s'oppose à des comportements aussi sommaires, lesquels sèment l'inquiétude, la méfiance et l'insécurité. La confiance étant primordiale en médiation, elle conditionne par ailleurs l'autorité et l'impartialité qui ont singulièrement manqué lors des réunions au "Carlton" à Antananarivo, et sans lesquelles valeurs aucun contentieux et différend ne sauraient ètre valablement solutionnés.

Le respect des engagements valablement souscrits et l'obligation d'endosser leurs conséquences doit constituer un autre souci constant de la part de tous. La médiation, à caractère éminemment politique, ne s'impose pas, et si c'est le cas contre toute attente, alors elle n'est que contrainte et c'est inacceptable. Il ne faut pas confondre la médiation avec l'arbitrage, lequel débouche en effet sur une véritable sentence dont le caractère juridiquement contraignant a été accepté d'avance. Aucune médiation ne saurait s'ouvrir, se poursuivre et réussir que du consentement de chacune des parties en litige. Il faut craindre que "nos" médiateurs et membres du GIC - en tous cas certains d'entre eux - aient malencontreusement confondu médiation et arbitrage pour se comporter comme ils l'on fait.

S'il est de fait que le risque d'échec d'une médiation est de nature à nuire au prestige des négociateurs et autres médiateurs internationaux, il ne serait pas digne d'eux d'en faire éventuellement payer le lourd prix à une population malgache au contraire en droit d'attendre d'eux une meilleure prestation. Car, il est clair que la situation actuelle aurait pu ètre évitée s'ils avaient été plus attentifs et attentionnés. Il leur sera aussi rappelé la règle selon laquelle accepter une médiation n'est pas nécessairement et obligatoirement accepter son résultat. Le caractère aléatoire d'une médiation en est la conséquence. Le médiateur propose, persuade, convainc mais ne contraint pas, à moins que les parties ne se soient, à l'avance, engagées à se plier à son règlement. Ce qui n'est pas le cas dans la médiation actuelle. Les accords et la Charte de Maputo n'engagent les parties que quant à la procédure mais pas sur le fond, domaine qui est réservé à leur propre détermination.

Dans une très large part et mesure, la sortie de crise et le succès de la médiation est donc conditionnée tant à la capacité des parties à s'entendre qu'aux qualités, à l'habileté, à l'impartialité et à l'autorité des négociateurs et médiateurs internationaux.


BEFANIRY

Lettre de SEM Marc Ravalomanana à M J Ping

Traduction libre:
Johannesbourg, 09 octobre 2009



Cher Président Ping,



La Mouvance Ravalomanana :

Rappelant que le changement anticonstitutionnel survenu à Madagascar a provoqué la réaction de la Communauté internationale qui n’a pas hésité à prendre des sanctions concrétisées par la suspension de Madagascar des organisations internationales et gel de toutes aides internationales. Ce qui signifie que la communauté internationale a pris acte de la réalité d’un coup d’Etat à Madagascar.


Faisant siens les principes, déclarations, conventions et résolutions universellement reconnus notamment le refus d’adouber des putschistes à la tête de l’Etat et le respect des résultats des votes citoyens, consignés dans notre déclaration faite à Maputo le 26 août 2009 et confirmée pas le message du SEM Marc RAVALOMANANA lu, au préalable lors de la réunion en date du 6 octobre 2009 tenue au Carlton Antananarivo;


Rappelant que la revendication première, légitime et immuable de la mouvance est le retour à l’ordre constitutionnel ;
Rappelant l’article premier de la charte de la transition pour une transition neutre, inclusive, pacifique et consensuelle ;
Convaincue que la seule et unique voie de sortie pacifique à la crise politique qui mine le pays depuis plusieurs mois, est la mise en œuvre sans réserve de l’esprit des accords de Maputo dont la Mouvance Ravalomanana est partie prenante à part entière.
Rappelant :
1. Qu’à Maputo II, le communiqué final de l’Équipe Internationale de Médiation a bien souligné « qu’il a été impossible de trouver un consensus sur la nomination aux postes de Président, Vice Président et Premier ministre de la Transition.

Qu’ainsi les esquisses de propositions faites à Maputo, n’étant pas signées ne lient personne mais constituent seulement des pistes de réflexion, et ne peuvent en aucun cas être considérées comme définitivement acquises

2. Que la Mouvance Ravalomanana a toujours réfuté la nomination d’un putschiste à la tête de l’Etat, qu’il est ainsi faux de dire que la forte objection a été émise pour la première fois au Carlton ;





Malheureusement, la réunion sous l’égide du GIC n’a pas respecté manifestement l’esprit de neutralité et de consensus dans la mesure où la direction de ladite réunion a été purement en contradiction avec l’esprit de Maputo tant sur le fond que sur la procédure : prise de parole par les seuls Chefs de délégation, absence des chefs de file pour des décisions aussi importantes.



La prétendue attribution définitive de la présidence de la transition à Andry Rajoelina était imposée d’avance sans qu’il y ait eu débats entre chefs de file à ce sujet.







Pour tous ces motifs sus mentionnés et se réservant de faire valoir d’autres moyens en temps opportun:

Est consternée par la négation par le GIC des valeurs qu’il a prônées et qui sont à la base des sanctions ci-dessus rappelées et prononcées à l’encontre de Madagascar
Regrette que la discussion fût essentiellement axée sur la question du premier ministre de consensus
Requiert instamment et expressément que la prise de ces décisions soient faites en présence des Chefs de file comme il a été procédé tant à Maputo I qu’à Maputo II.


Enfin, la mouvance exige l’exécution des Accords de Maputo à la lettre et respectant l’esprit au préalable et notamment concernant la libération immédiate des détenus, ainsi que le traitement équitable de chaque mouvance.



Nous sommes disposés et décidés à continuer les négociations jusqu’à ce que nous parvenions à nous mettre d’accord sur tous les postes au sein du gouvernement et des institutions de la transition.



Veuillez agréer, Monsieur le Président, l’assurance de ma haute considération.




Marc RAVALOMANANA



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Vaovao Malagasy